Boulonné

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« Je pense que nous le sommes, chère Sascha » répondit Zanadar,« il semble que nous ayons juste deux petits problèmes à résoudre avant de reprendre notre chemin. Peut être pourrais tu nous aider.

« Si c’est encore une espèce de piège… » Dit-elle dangereusement, en s’estompant.

L’homme imposant rit. « Pas de piège, je te promets. »

« Alors c’est quoi ? » demanda-t-elle d’un ton suspicieux.

« Bon », il commença,« tout d’abord il semble que notre nouveau et jeune compagnon pense que je vais le laisser payer pour cet absolument délicieux repas que tu nous as préparé. J’ai essayé de le convaincre de me laisser m’en occuper, mais il insiste pour payer sa part. Est-ce que tu pourrais être assez gentille pour lui dire que je paie toujours ? »

Sascha s’égaya un peu et regarda Morgan. « Zanadar paie toujours » lui dit elle doucement, « car Elandar ne le fait jamais. »

« Tu vois ? », dit Zanadar au ranger, empêchant Elandar de protester, « je te l’avais dit que je payais toujours. »

« Ça ne veut rien dire du tout, j’aurais pu te dire qu’Elandar ne payait jamais rien avant même que tu ne le demandes à Sascha » dit il, alors que le vieux magicien piétinait d’indignation, « et tu peux payer pour Elandar si ça te rend heureux, mais je paierai tout de même ma part. »

« Morgan, on fait comme ça ? », demanda Sascha.

Morgan fit signe de la tête. « Oui. »

« Il est impossible ! », dit elle sagement, « crois moi, il ne te laissera pas faire. Je te conseille de le laisser payer pour toi, et ensuite essaye de ne pas le tuer quand il prendra son air suffisant à ce sujet. »

Morgan fronça les sourcils. « Bon », finit-il par dire au bout d’un moment, « mais seulement si je peux payer la chambre, cette nuit. »

Son sourire s’effaça aussitôt. « La chambre ? Cette nuit ? Je pensais que vous aviez dit que vous alliez partir ? ». Elle regarda Zanadar. « Tu as dit que vous partiez ! »

L’homme imposant se pencha en arrière dans sa chaise. « C’est si beau d’être apprécié, tu sais. Les gens peuvent penser que ça n’a pas d’importance, mais ils sont juste humbles. Quand quelqu’un aime autant ta compagnie... », il fit signe à Sascha, « ça fait vraiment chaud au cœur. »

« Tu as dit que vous partiez ! » insista Sascha.

« C’était justement le second problème. Tu vois, nous sommes sur le point de faire une périlleuse et très héroïque mission pour sauver le monde », explique Zanadar, « mais après avoir réfléchi sur le sujet, nous avons conclu que se serait vraiment bien de pouvoir avoir une bonne nuit de repos, juste une dernière fois, sur un beau et confortable lit avant de partir. Maintenant ce superbe établissement a des chambres, j’ai déjà dormi ici.. Donc nous nous sommes demandé, vu que nous étions déjà là, pourquoi ne pas rester ? »

« Tu veux vraiment que je réponde à ça ? »

« Tu joues à la dure, à la méchante », lui dit Zanadar en plaisantant, « mais je suis que tu serais désappointée si nous partions ».

« Oh, je ne sais tout simplement pas ce que je ferai », lui répondit Sascha, dans une voix empreinte de sarcasme. « Vous avez besoin de combien de chambres ? »

« Deux » lui dit l’homme imposant, amicalement. « Comme ça Morgan pourra payer pour la sienne. »

« Ceci est un fourbe stratagème ! » l’accusa Morgan.

Zanadar sourit. « Je sais, je suis quelqu’un de fourbe. »

« Nos deux dernières chambres pour cette nuit » dit Sascha. Elle tendit sa main ouverte, attendant. « Et ce n’est pas que je ne vous fasse pas confiance, mais vous allez devoir payer d’avance. »

« Oh, bien sûr », répliqua Zanadar, comptant un petit nombre de pièces. Il les posa soigneusement dans la main tendue de Sascha, et sourit. « Et voila ! »

« Merci », dit elle avec un sourire forcé. Elle se retourna vers Morgan, qui desserrait les cordes de sa bourse. « Et toi, » continua t’elle,« tu peux payer demain matin ». Disant cela, Sascha se tourna précautionneusement sur ses talons, et retourna à la cuisine.

Morgan observa avec confusion. « Bon, elle semble assez gentille ».

Le vieil homme haussa les épaules. « Elle a fait ça par pure rancune, tu sais. »

« Peut être que c’est juste qu’elle m’aime plus »

Elandar fronça les sourcils. « Non, ça ne peut pas être ça. »

Zanadar bu une dernière gorgée de sa bière et la reposa. « Bon », dit il en se levant, « on ferait mieux d’y aller maintenant. Je n’ai pas besoin de faire beaucoup de choses avant de partir, mais j’aimerais avoir le plus de sommeil possible pour cette nuit. Donc, allons-y. »

Les trois hommes ramassèrent leurs affaires et sortirent de la taverne. Une petite brise les accueillit alors qu’ils arrivaient à nouveau dans les rues de New Targonor. Bien que la soirée approchait rapidement, le soleil brillait toujours et les rues de la ville grouillaient toujours de monde.

« Tu as besoin de prendre quoi Morgan ? » lui demande Zanadar.

« La seule chose que j’aie vraiment à faire c’est de prévenir le garçon à l’étable que nous aurons besoin de nos chevaux pour demain matin. » Il tapota le grand sac de voyage accroché à son épaule, « j’ai tout ce dont j’ai besoin là-dedans. »

« Bien », dit l’homme imposant. Il jeta un regard à Elandar, « la plupart des gens ne sont pas aussi bien préparé. »

« Ne me regarde pas comme ça ! J’ai tout ce dont j’ai besoin ! »

« Bon », dit Zanadar en ignorant le magicien, « le forgeron n’est pas trop loin de l’étable. On pourra s’y arrêter en chemin. »

« Ça me semble bien », répondu Morgan, « pourquoi as-tu besoin d’aller chez le forgeron ? »

Le vieil homme tira l’une des grandes épées qui étaient attachées dans son dos. « Réparations », répondit il d’un air chevronné.

Zanadar faisait le chemin dans les rues peuplées, manoeuvrant avec une agilité surprenante à travers la multitude des gens. Morgan luttait pour se maintenir à sa hauteur, esquivant les travailleurs et les charrettes. Il était sûr qu’ils perdraient le vieux magicien grincheux à cette vitesse, mais à chaque fois qu’il regardait en arrière pour vérifier, Elandar suivait toujours de près, marmonnant pour lui-même. Le vieil homme avait sûrement du courage, lui accorda Morgan.

À la vitesse à laquelle ils allaient, ils ne mirent pas longtemps à arriver en face d’une rue légèrement courbée, devant un bâtiment semblant vieux. Ces deux étages étaient tachetés de fumée noire et les carreaux des fenêtres étaient recouverts par une fine couche de cendres. Le glacial et strident son de métaux s’entrechoquant, retentissait de l’intérieur du bâtiment, envoyant des frissons le long du dos de Morgan. Zanadar ouvrit la porte, au moment même ou un autre coup résonna à l’intérieur. Morgan tressailli sans le vouloir alors qu’il couvrait ses oreilles bourdonnantes en suivant le vieil homme à l’intérieur de la forge.

La forge était mal éclairée, et sentait le charbon brûlé. Une fumée crasseuse imprégnait l’air et semblait se coller à tout ce qu’elle touchait. Des casiers, remplis avec différentes armes et divers outils, étaient alignés le long des murs, et un long comptoir en bois coupait la pièce en deux. Des pointes de fers et des boulons en métal étaient éparpillés par dessus. Derrière lui un homme au torse imposant se tenait recroquevillé sur la forge, son dos tourné vers la porte. Dans une main il tenait un gros marteau. L’autre était enveloppée dans un sac de mauvaise allure, et se cramponnait fermement à une anse de fer qui dépassait des lumières rougeoyantes de la forge. Il recula le marteau, pour frapper à nouveau sur les charbons ardents.

« Oh ici, Grodek ! » héla Zanadar.

Le forgeron abaissa le marteau qui, en s’effondrant, remplit la pièce avec un grincement strident alors que des étincelles jaillissaient silencieusement.

« J’ai dit, oh ici, Grodek ! » cria à nouveau Zanadar.

Le forgeron amena son marteau à faire retentir à nouveau le bruit strident à travers la forge une nouvelle fois, ne portant aucune attention au vieil homme, Zanadar haussa les sourcils. Elandar grommela, et se fraya un chemin jusque devant le comptoir.

« Pourquoi dois-je toujours tout faire moi-même ? » grogna-t-il en saisissant un des larges boulons métalliques en haut du comptoir pour le lancer vers le forgeron qui n’en était pas conscient. Le boulon vola à travers la salle et se heurta contre le postérieur du forgeron dans un bruit sourd.

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