Grodek

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« Zanadar ! » brailla-t-il bruyamment, essuyant la sueur de son front, « je ne t'ai pas entendu arriver. »
Le forgeron gémit et déposa son marteau. « Je n'entends plus aussi bien qu'avant, crois-le ou non, » dit-il en marchant vers le comptoir.


« Vraiment ? » se moqua Zanadar, « je n'avais pas remarqué. »


Grodek rit et s'appuya sur le comptoir. « Ça fait un moment, qu'est ce qui t'amène dans ma boutique ? »


« En fait j'ai besoin d'une réparation sur l'une de mes épées. J'ai besoin que ce soit fait rapidement, est ce qu'il y a une chance pour que tu es terminé d'ici demain matin ? »


Le forgeron se frotta le menton d'un air pensif. « Ça ne fait pas beaucoup de temps, il faut que je regarde l'endroit à réparer. »


Zanadar approuva et entoura de sa main une des larges poignées qui dépassaient de son épaule. Avec un mouvement rapide il tira la lourde épée de son fourreau et la tint en face de lui, une entaille visible été gravée dans son côté.


« C'est une puissante épée », dit Grodek, « je ne comprendrai jamais comment tu arrives à en utiliser deux à la fois. »


« Il les porte juste pour avoir l'air effrayant » constata Elandar alors que Zanadar posait l'épée sur le comptoir.


Grodek regarda l'épée, l'observant attentivement. « C'est une affreuse entaille », observa-t-il, « comment l'as-tu faite ? »


Zanadar gloussa un peu piteusement. « Elle a heurtée une pièce de métal. »


Le forgeron leva son regard de l'épée. « C'est cela ? », demanda-t-il, « ça devait être une sacrée pièce de métal. » Grodek regarda l'homme imposant avec un regard amusé, « je pense que tu ne me dis pas tout. »


« En fait, c'était vraiment deux pièces de métal, je suppose. Et justement elles ont abîmées mon épée car elles bougeaient en biais. »


Le forgeron sourit en connaissance de cause. « Ça vient d'une autre épée, n'est ce pas ? »


« Oui, oui, c'est cela » admit Zanadar quelque peu coupable.


« Alors quelle était l'autre pièce de métal ? »


« En fait, c'était l'armure du type qui avait l'épée » répondit-il.


Grodek grimaça et hocha la tête. « Je ne veux même pas savoir. »


« Et donc, tu penses que tu pourras l'avoir réparée pour demain matin ? »


« Je pensais que tu me connaissais mieux que ça, Zanadar ! » lui répondit Grodek. « Bien sûr que je peux finir le travail pour demain matin. La question est de savoir si tu as les moyens de payer pour que ça soit prêt demain matin. »


« Voilà le Grodek que je connais », réplique Zanadar. Il délaça les ficelles qui attachaient sa bourse, et en tira quelques pièces de monnaie. Il lança un regard soutenu à Morgan, qui était resté silencieusement dans le fond de la pièce alors que les deux hommes parlaient. « J'ai l'impression de beaucoup faire ça aujourd'hui », dit-il d'un air sombre. L'homme imposant se retourna vers le forgeron. « Tu n'as pas monté les prix pour moi, n'est ce pas ? »


Grodek leva les mains en signe de défense. « Je ne ferai jamais une telle chose. Je te demande encore une somme exorbitante, comme je l'ai toujours fait. »
« Tu pourrais le faire payer plus, tu sais », suggéra Elandar irrité.


« Ça n'a pas de sens », lui répondit le forgeron, « il fut un temps où Zanadar arrivait à me faire vivre de mon business à lui tout seul. J'espère juste qu'une guerre va éclater de telle sorte que ton gros ami ait une excuse pour continuer de casser ses épées. Je pourrais alors avoir des nouveaux chevaux, ou une boutique plus grande. »


« C'est une chose terrible à dire », dit Zanadar avec un sourire alors qu'il déposait l'argent à côté de son épée, sur le comptoir.


« Mais c'est tout de même vrai ! »


« Eh bien, je ne peux pas vraiment contredire ça. »


« Donc », dit le forgeron en pointant Morgan du doigt, « Qui est ton ami là-bas ? »


« Oh, quelle impolitesse », s'excusa l'homme imposant, « Grodek, c'est Morgan Derek. »


Morgan fit un signe de la tête amical au forgeron, « enchanté ».


« Et qu'est ce que tu as à faire avec ces deux faiseurs de troubles, Morgan ? » s'enquit le forgeron.


« Nous sommes tous les trois en mission en dehors de la ville, des affaires de ranger », explique Morgan, « Zanadar et moi devons travailler ensemble. »


Grodek fronça les sourcils, ses rides se plissant sur son front, « Eh bien c'est assez vague », dit-il avec aigreur, « je vois que Zanadar est déjà en train de déteindre sur toi. »


« Non il est arrivé comme ça » répondit Elandar.
Zanadar rit. « En fait, il apprend vite »


« Donc maintenant tu travailles avec les rangers ? » le poussa Grodek.


« On dirait que pour le moment, oui », répondit l'homme imposant avec un sourire.


Grodek lance ses mains en l'air. « Détruis les tous, mais ne parle pas trop ici, Zanadar ! » dit-il, « je n'aimerais pas que tu trahisses des secrets d'états ou quelque chose d'officiel. Même pour un vieil ami comme ça, ça n'en vaut pas le coup. »


« Tu sais que tu as raison », répondit Zanadar sarcastique, « je dois contrôler ce que je dis. Donc, tu auras l'arme prête pour demain matin ? »


« Oui, oui » grogna le forgeron. « Tu peux la récupérer n'importe quand après que le jour se soit levé. »
Le vieil homme grimaça. « Je crains que nous devions partir un peu plus tôt que cela. »


Grodek jura. « Alors je vais me mettre tôt à l'ouvrage et me lever tôt. Je suis vraiment très content que mon vieil ami Zanadar se soit arrêté en passant pour me rendre visite ! »


« C'est ça ! »


« Je pourrais très certainement utiliser un peu d'esprit maintenant, si tu comprenais ce que je voulais dire » dit le forgeron avec espoir.


Zanadar ria. « On se revoit demain matin, Grodek » dit il en faisant un signe de la main. « Merci beaucoup, bien sûr, de me donner de ton temps. Je l'apprécie à sa juste mesure. »


Les trois hommes se dirigèrent vers la sortie du magasin, et retournèrent dans la ville. La fortification centrale renvoyait son ombre dans les rues alors que le soleil s'éteignait sur l'horizon. Ce n'était pas très loin des étables et le groupe marcha de bon pas pour quitter le pont intérieur et quitter les murs imposants, jusqu'à ce qu'ils aient atteint le terrain de manoeuvres de New Targonor.


Les champs de batailles près desquels Morgan était passé plus tôt étaient maintenant vides. Les chevaliers matinaux avaient abandonné leurs entraînements de la journée il y a bien des heures, et les champs demeuraient inoccupés, mise à part quelques écuyers nettoyant les stalles de leurs maîtres.


Un long bâtiment en bois était étendu sur une petite distance, à partir des tribunes des champs. Il était ouvert des deux côtés, et les bruits et odeurs en sortant ne laissait aucun doute dans les esprits de voyageurs connaissant mal les lieux quant au fait que c'était bien les étables de la ville.


À l'intérieur le sol était recouvert par une couche faite de foin séché. De nombreux chevaux, différents, remplissaient les stalles, alignées le long des deux murs, sortant la tête au passage des trois hommes en espérant qu'ils s'occuperaient d'eux. Les étables n'étaient pas tout à fait aussi peuplées que les rues à l'extérieur. Seules quelques stalles étaient vides, prêtes à accueillir les animaux. Morgan laissa le groupe au centre du bâtiment et s'arrêta à côté d'une stalle ouverte.


« Bien le bonjour, Morgan ! », l'appela, de l'intérieur, une voix qu'il connaissait.

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