Le conte de Morgan, partie 14

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Il entendit vaguement quelqu'un l'appeler dans son dos, mais l'ignora, désireux, au contraire, de courir plus vite.

Les rues, un peu avant l'aube, étaient pour la plupart vides, offrant à Morgan suffisamment de place pour fouiller dans son sac tout en courant à travers la ville. Il essayait, en vain, d'en retirer une de ses masses en métal foncé, mais il s'est accroché brusquement à quelque chose. Il tira plus fort, et entendu un craquement au moment où la masse se libéra. Morgan remis le sac en place sur son dos, et continua de courir. La sueur commençait à perler sur son front tandis qu'il dégainait la seconde masse de derrière son épaule.

Au moment où Morgan arriva dans les écuries, les muscles de ses jambes étaient devenus très douloureux. Les portes principales étaient fermées comme à l'habitude à cette heure. Le bâtiment s'imposait dans l'obscurité, mais était calme, comme si rien ne pouvait venir perturber cette quiétude.

Morgan haletait alors qu'il tenta d'ouvrir précautionneusement la porte principale. Elle était fermée. Il mit son oreille sur le mur en bois et écouta. Il pouvait entendre quelques faibles frottements à l'intérieur, mais rien d'autre. Il avança lentement dans la poussière qu'il y avait le long du bâtiment, cheminant avec précaution le long du mur extérieur jusqu'à ce qu'il atteigne le bout des écuries.
L'entrée à l'arrière était,elle, grande ouverte. La faible lumière qui devait éclairer derrière le bâtiment n'était pas allumée. Il prit une grande respiration puis se faufile lentement vers la porte. Alors qu'il s'approchait de l'entrée, Morgan pouvait entendre le frottement, il était beaucoup plus distinct maintenant.

Il s'avança plus près et regarda par la porte. L'intérieur du bâtiment n'était aucunement éclairé. Il pouvait seulement discerner les deux premiers rangs d'étables, pas plus. Morgan, sur ses gardes, entra à l'intérieur. De nombreux chevaux s'agitaient nerveusement, leurs yeux fixés dans l'obscurité. Leurs sabots provoquaient des bruits intenses de frottement lorsqu'ils s'écrasaient dans la paille sèche derrière eux.
Morgan entendit un son. Sa tête se leva pour essayer d'en déceler la source. C'était venu de quelque part au centre du bâtiment. Ça ressemblait à un bruit provoqué par une personne. Il avança encore plus loin dans l'écurie, mais tout en restant proche du mur de bois. Il restait à l'écart des chevaux pour qu'ils ne soient pas effrayés et ne révèlent pas sa présence. Non loin de lui, la porte d'une des étables était ouverte.

Le ranger fit un pause un moment, réfléchissant silencieusement sur l'enchaînement des évènements. S'il y avait ici plus d'hommes qu'à la forge de Grodek, il n'arriverait pas à tous les intimider. Pour le moment, il se tenait plus ou moins au centre de l'écurie. Soudain, il se senti un peu bête. C'était désormais trop tard pour faire demi tour. Il fronça les sourcils, et tourna lentement la tête tout autour de lui.
Une forme sombre reposait au milieu de la stalle. Morgan se concentra afin de n'omettre aucun détail dans l'obscurité. C'était un corps. Quelque chose dépassait de son dos. Un manche; celui d'une petite épée ou d'une dague peut être. Son coeur s'emballa. Ils étaient déjà venus C'était trop tard.

Le ranger écarta les yeux de la silhouette, et continua à examiner toute l'étable. Un petit tabouré était couché sur son côté contre le mur. Il semblait y avoir été jeté. C'était celui de Renna. La jeune fille, frêle, avait certaines fois du mal à atteindre la tête des grands chevaux toute seule.
Puis, il entendit du bruit, à nouveau, un sanglot. Il venait du fond de l'étable sombre. C'était vraiment une personne. Il écouta plus attentivement. Il pouvait distinctement entendre une respiration, bien qu'elle ne soit pas très régulière, et forte.

« Renna ? » murmura Morgan.

Il entendit la fille arrêter de respirer.

« Renna ? » chuchota-t-il à nouveau, avec plus d'anxiété. « Est ce que ça va ? »

Il y eu une pause.

« Morgan, est-ce bien toi ? » lui répondit elle dans un murmure.

Il se précipita dans l'étable, passant presque sur le corps situé au centre. Renna était assise, recroquevillé, contre le coin du fond. Ses jambes étaient serrées entre ses bras. Tout le corps de la fille tremblait. Des larmes coulaient le long de son visage.

« C'est moi » lui répondit Morgan. « Es tu blessée ? »

Elle ouvrit sa bouche pour parler, mais parvint seulement à regarder l'homme mort. Morgan bougea afin de s'intercaler entre l'homme et elle. Son pied écrasa lourdement la paille. Nerveux, il regarda par dessus son épaule vers les autres étables dans l'obscurité.

« Es tu blessé ? » demanda-t-il à nouveau, rapidement.

Timidement, elle lui fit un signe de tête pour lui dire que non.

« Peux tu marcher ? Il faut absolument que nous quittions cet endroit. »
Renna s'essuya les yeux et renifla. « Je pense » dit elle calmement. Elle prit la main de Morgan, et se mit debout. Elle regarda vers le bas pour voir l'homme étendu sur le sol. Immédiatement des larmes commencèrent à humidifier ses yeux à nouveau.

« Ne le regarde pas » lui dit Morgan gentiment alors qu'il l'aidait à contourner le corps. Il sorti la tête de l'étable et regarda dans les deux directions. Même avec la faible lueur qui provenait de l'entrée de derrière, la bâtiment était toujours dans l'obscurité. Il ne vit personne, mais ça ne le rassura pas sur le fait qu'il n'y ai effectivement personne.
Le ranger conduisit avec attention Renna dans l'allée centrale des écuries. En restant près du mur du bois, ils commencèrent à s'avancer vers la sortie du fond. La main de la jeune palefrenière trébucha faiblement à quelque reprises, mais se rattrapa. Alors qu'ils atteignaient la porte du fond, un puissant cri se fit entendre de juste derrière l'entrée principale. C'était une voix grave et qui sonnait barbare.

« Avance ! Plus vite » s'exclama Morgan dans l'urgence, abandonnant les chuchotements. Mais avant que l'un deux eut le temps d'atteindre la porte du fond, celle de devant était grande ouverte. la serrure explosa et se retrouva projetée à l'intérieur des écuries. Un impact résonna dans tout le bâtiment au moment où les portes s'écrasèrent violemment contre les murs. Leurs gonds grincèrent comme pour protester, mais tinrent bon. Renna s'agrippa plus fermement au bras de Morgan.

La faible lueur de la lune entra à l'intérieur des écuries, illuminant l'intérieur du bâtiment avec une faible et pâle luminosité. Plusieurs chevaux se redressèrent dans leur étable et hennirent bruyamment, étonné par la soudaine perturbation. Morgan resserra l'étreinte sur les manches de ses masses, et virevolta afin de se retrouver face à l'entrée, prêt à combattre.
Zanadar se tenait, immobile, au milieu de l'entrée. L'armure de l'homme imposant, brillaient occasionnellement à la lueur de la lune. Il tenait sa large épée sur le côté et regarda dans la pièce avec un regard glacial. Elandar se tenait derrière lui. Le vieil homme regarda dans les écuries un petit moment puis regarda son ami.

« Où sont les brutes ? » demanda-t-il, impatiemment.
Zanadar baissa son arme. « J'en vois aucun », dit il, quelque peu désappointé. L'homme imposant vit Morgan et Renna près de l'entrée du fond. « C'était une brillante idée de se précipiter tout seul, au fait », ajouta-t-il.

Morgan soupira lentement et relâcha ses masses, bien que Renna tenait toujours son bras fermement. Zanadar et le vieil homme entrèrent à l'intérieur de l'édifice. « Nous n'avons pas raté tout l'amusement quand même ? » demanda l'homme imposant. Alors qu'il passait, il regarda à l'intérieur de la l'étable cachée par Renna. « Oh » dit il avec sobriété. « Est ce que vous allez bien ? »

« Tout va bien » répondit Morgan.

« C'est toi qui a fait ça ? »

Morgan remua sa tête négativement.

« Toi ? » il regarda en direction de Renna.

Elle acquiesça lentement.

Zanadar examina la fille un moment. « Je vois » dit-il. « Était il seul, où est ce qu'il y en avait d'autres ? »

« Il y en avait d'autres » renifla-t-elle. « Et ils vont sûrement revenir, allons nous en ! »

Zanadar tapota son épée. « Laisse les revenir. Alors, que c'est il passé précisément ? »

« J'étais ici pour préparer vos stupides chevaux quand j'ai cru entendre quelqu'un au niveau de l'entrée principale. Mais c'était fermée. » Elle fit une pause pour s'essuyer ses yeux noirs. « Et nous ne sommes jamais ouverts à cette heure ci, alors je l'ai ignoré. Mais quand je suis entrée, j'avais laissé l'entrée de derrière ouverte, alors je l'ai fermée. Mais ça ne les a pas arrêté. Je les ai entendus venir. D'abord, je pensais que c'était vous trois, jusqu'à ce que je me retourne... » dit-elle en baissant la voix.

« Et après quoi ? » demanda l'homme imposant.

« Ils sont venus vers moi. Je me suis précipitée vers une des étables et je suis montée sur le toit », elle montra le haut, « ils ne pouvaient pas m'atteindre, alors ils sont partis. Je suis restée là haut pour un moment, au cas où ils soient restés à attendre que je redescende. Après, deux autres sont revenus, j'ai essayé de rester cachée, mais ça ne leur a pas pris beaucoup de temps pour me trouver. »

« L'un deux à dit que si je ne ne descendais, ils commencerait à tuer les chevaux. Mais il ne savait pas que j'avais un couteau. Je ne voulais pas le tuer », elle regarda l'homme imposant, en essayer de ne pas pleurer, « je n'ai pas eu le choix ... ».
Zanadar haussa les épaules. « Pour moi il a eu ce qu'il méritait. Et l'autre ? »

« Je l'ai blessé au niveau du visage en sautant en bas. Je pense que j'ai peut être eu un de ces yeux, parce qu'il s'est enfui en courant dès que j'ai frappé son copain », une impression de terreur apparut sur son visage, « il a dit qu'il reviendrait et me trouverait. Nous devons partir. »

« Je ne m'inquiéterais pas à propos de ça », dit Zanadar, « s'ils reviennent nous serons capables de nous en charger. Est-ce qu'ils ont dit autre chose ? »

Renna le regarda froidement, à travers ses yeux embués. « Ils ont dit plein d'autres choses. J'ai tué l'un de leurs amis. Je connais ce genre de gars. Ils vont revenir pour moi, seulement la prochaine fois ça ne sera pas juste un homme. Vous prévoyez de rester combien de temps ? »

« Ils n'étaient pas là pour toi » lui expliqua l'homme imposant.

« À quoi fais tu allusion ? »

Morgan pris la parole. « Nous venons d'une forge presque à l'autre bout de la ville. Quand nous sommes arrivés là bas, un groupe d'hommes nous attendaient. Heureusement ils ont, je pense, sous-estimé de quoi

Zanadar était capable », le ranger continua « à un moment, l'un deux nous a dit que des hommes étaient en train de nous attendre ici aussi. »

« C'est à cause d'eux que vous quittez la ville ? »

Morgan secoua la tête. « Non, Adlus nous envoie à Rindol Field pour vérifier quelque chose, bien qu'il ne pense pas que ça soit sérieux. Nous ne devrions pas être absent plus d'une semaine, tu peux venir avec nous si tu veux. Au moment où nous reviendrons, les gardes auront sûrement capturé le reste de ceux hommes. »

« Certainement pas » protesta Zanadar.

« Quoi ? » interrogea le ranger, en se retournant vers l'homme imposant.

Il s'écarta avec Morgan de quelques pas. « Elle ne peut pas venir ».

« Et pourquoi pas ? »

« Personne d'autre, juste nous trois. »

« Tu ne vois pas combien elle est effrayée ? » murmura-t-il fermement.

«.. et ne crois pas que j'y suis insensible Morgan, mais...»

« Mais quoi ? » demanda Morgan, contrarié. « Si Elandar ne nous ralentit pas, Renna ne le fera pas non plus. Écoute, jusque maintenant j'ai été plutôt facile à vivre. Tout d'abord tu emmènes Elandar avec nous et je sais qu'Adlus ne serait pas content s'il le découvrait, ensuite quelqu'un qui te recherche essaie de me tuer. Alors peut être que c'est quelque chose de courant pour toi, mais personne n'avait jamais essayé de me tuer avant. Et comme si ça n'était pas assez, après ils ont voulu blesser Renna, elle a du tuer l'un d'entre eux - et tout cela sans plus d'explications de ta part. Non, nous n'allons pas la laisser ici, tu pourrais, mais moi pas. »

L'homme imposant jeta à Morgan un regard qui le fit douter de lui, et ensuite regarda en direction de Renna.

« Bien » dit-il assez haut pour que tout le monde entende, « les chevaux sont-il prêts ? ».

Renna acquiesça. Morgan se redressa, il fut un peu surpris par le changement d'avis de l'homme imposant.

« Bien, alors allons-y. »

Un sourire timide s'afficha sur le visage en sanglots de Renna. « Merci » dit elle doucement à Morgan.

Elandar se gratta la tête et regarda vers le haut, pour voir les poutres en bois soutenir le toit. « Comme est tu arrivée à monter là haut ? »

Elle montra un des plus grand cheval. Un hongre couleur poussière, l'air un peu stupide. « Son nom est Grayus, je suis montée sur son dos. Il ne laisse personne d'autre s'approcher de lui. »

« Si j'étais dans sa position, je n'aurais sûrement pas un bon caractère non plus » dit le vieil homme d'un ton amer.

« Tu n'as pas un bon caractère » lui fit remarquer Elandar.

« Lequel est le mien? » demanda rapidement Zanadar.

Renna montra un grand cheval noir dans une des étables du fond. « Celui là »

L'homme imposant attrapa ses sacoches qui étaient au sol et les mis en place sur l'animal.

« Cette porte au fond me semble encore en à peu près bon état », clama derrière lui Elandar, « essayes de te maîtriser s'il y a une urgence, tu risquerais de la casser. »

(Traduit par Louloune)

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